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Ouganda : Museveni n’est pas l’homme à partir

Après avoir officiellement annoncé sa candidature à la fin du mois d’août, mettant ainsi fin à un faux suspens dans la mesure où personne n’en doutait, le président ougandais a été investi le dimanche 12 septembre dernier par son parti, le mouvement de résistance nationale (NRM).

Il est donc candidat à sa propre succession à la présidentielle de février 2011. Nul besoin de préciser qu’il était seul à solliciter l’onction de quelque 15 000 militants réunis pour la circonstance. Voici donc Yoweri Museveni en route pour un nouveau et 4e bail de 5 ans à la tête de ce pays d’Afrique orientale qu’il dirige depuis 1986, soit un an de plus que le président burkinabè, Blaise Compaoré, avec lequel il présente beaucoup de similitudes.

Museveni arrive en effet cette année-là au pouvoir par un coup d’Etat après plusieurs années de désordre, de rébellion tribale et de répression féroce, avec les meilleures intentions du monde. Savez-vous ce qu’il fit à son arrivée ? Il bétonna la Constitution, interdisant à tout président de se présenter plus de deux fois consécutivement.

Ça fait 25 ans que cela dure, mais on peut le comprendre : ses bonnes résolutions initiales étaient certainement dues à la foi naïve des nouveaux convertis. Car très vite, l’ivresse du pouvoir et les prérogatives que confère du trône aidant, celui dont on louait la gestion économique prudente et qui avait imposé un modèle sans parti dont l’objet était d’éliminer le tribalisme s’est peu à peu mué en autocrate plus ou moins éclairé. Comme beaucoup d’autres dirigeants de par le continent (suivez mon regard), après un quart de siècle de règne, Museveni est bien parti pour ne jamais lâcher prise. En tout cas, pas volontairement. Surtout pas au moment où cette contrée, déjà bénie des dieux, est arrosée par des promesses d’or noir.

Ce sera donc Museveni « forever » Son investiture intervient cependant au moment où une dizaine de bailleurs de fonds, dont l’Union européenne, la Banque mondiale et la Grande- Bretagne, ont décidé de réduire leur apport au budget ougandais pour protester contre le peu d’effort déployé dans la lutte contre la corruption, l’une des plaies qui gangrène le pays. A la décharge de Museveni, ce n’est toutefois pas une excuse, il faut reconnaître qu’il fait face à une opposition peu crédible et divisée, dont la tête de proue n’est autre que son ancien médecin, le colonel à la retraite Kizza Besigye, leader du Forum pour le changement démocratique et candidat de la coopération interparti (IPC), une coalition de l’opposition. Mais visiblement, l’unité n’est que de façade puisque Besigye est à peine adoubé que l’une des 5 formations membres de la coalition s’en est retirée, prétextant un différend sur une demande de remplacement à la commission électorale.

Autant dire que les opposants, avec leurs querelles intestines, font l’affaire de leur adversaire dont le score, malgré les fraudes, sont comme une peau de chagrin au fil des scrutins. Mais si le plus important pour le clan présidentiel est de voir son candidat se maintenir au pouvoir jusqu’en 2016, il n’y a pas de doute que cela ne se fasse pas car, comme on le dit, il n’y a rien en face.

Kader Traoré

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