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BURUNDI : Nkurunziza paye pour son entêtement

Ça y est ! Après avoir semé le vent, l’heure de la récolte de la tempête a sonné pour Pierre Nkurunziza. Un policier et quatre civils tués : c’est le résultat d’un affrontement survenu dans la nuit du 10 au 11 septembre dernier au nord et au centre du Burundi.

Certes, comme l’ex-président Mamadou Tandja du Niger, s’agissant des rebelles touaregs, Nkurunziza a vite qualifié de bandits armés non encore identifiés, ceux qui sont à l’origine de cette attaque sanglante. Mais pour de nombreux observateurs, il s’agit bel et bien d’une « nouvelle rébellion » qui refait surface au Burundi. Une politique de l’autruche mal à propos, qui risque de compliquer davantage le climat sociopolitique de ce pays qui sort d’une guerre civile des plus horribles qui soient. Plutôt que de jouer à ce jeu pour le moins périlleux, le maître de Bujumbura devrait avoir le courage de se poser cette question à la fois urgente et fondamentale : qu’est-ce qui menace à nouveau la stabilité sociopolitique de son pays ?

Et s’il cherchait encore en vain la réponse à cette interrogation, Nkurunziza devrait savoir que l’unique et l’univoque qui s’y dégage est qu’il a, comme nous l’avions déjà souligné dans nos précédentes parutions, érigé la traque aux opposants, la confiscation des libertés, le bâillonnement de la liberté de la presse en règle de gouvernance. Pour tout dire, le président burundais paye pour son entêtement à vouloir régner en maître absolu dans son pays. Et pourtant, l’ex-rebelle burundais, devenu président de son pays par la force des choses, n’est pas le dernier à savoir que le recours à la violence, aux armes surtout, pour se faire entendre, reste l’un des derniers recours des opprimés. En tous les cas, pour avoir ramé à contre-courant des valeurs démocratiques, Nkurunziza achève de donner raison à tous ceux qui disaient qu’il a la nostalgie du régime d’exception où la raison des muscles et de la Kalachnikov a droit de cité. Nkurunziza déroute par son attitude d’autant qu’il avait laissé croire qu’il était venu aux affaires pour instaurer la paix au Burundi.

Qui plus est, il avait invité le peuple ivoirien, Gbagbo en premier lieu, lors d’un de ses passages en Côte D’Ivoire, à suivre l’exemple du Burundi pour sortir définitivement de la crise. Pour sûr, le modèle ivoirien de sortie de crise serait calqué sur celui du Burundi que la Côte d’Ivoire s’en porterait très mal. Toujours est-il que cette résurgence de la violence montre à suffisance que la réélection de Nkurunziza pose plus de problèmes qu’il n’en résout. Hélas, le cas du président burundais vient allonger la liste des dirigeants africains, militaires ou rebelles armés, qui viennent au pouvoir en libérateur mais qui finissent par se transformer en dictateurs. Il donnent raison à ce penseur africain, Sony Labou Tamsi, pour qui, un militaire qui dit s’être converti en démocrate après avoir pris le pouvoir par les armes, est comme une vipère d’apparence inoffensive parce qu’elle vit dans des fleurs. En tout état de cause, l’attaque récente est la chronique annoncée d’un lendemain incertain pour le Burundi. Nkurunziza doit accepter cette évidence et travailler à une réconciliation nationale pour une stabilité sociopolitique dans son pays qui a tant souffert.

Boulkindi COULDIATI

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3 commentaires pour “BURUNDI : Nkurunziza paye pour son entêtement”

  1. 12 septembre 2010 at 19 h 46 min #

    Bonjour M. Boulkindi COULDIATI,

    Je crois que vous ne saississez pas bien ce qui se passe au Burundi, ni dans les pays des Grands Lacs (d’une manière plus général). Un correspondant de l’AFP (RFI), Esdras Ndikumana, mène un combat idéologique tribale contre le régime Nkurunziza (Qu’il deteste car il s’agit d’un régime qui n’est pas Hima -comme lui-). De plus, si rébellion il y a , elle doit revendiquer son action ! Or dans ce cas, rien de cela …
    Non, il s’agit simplement d’un guerre de « COM » voir articles sur ce lien : http://www.burundi-agnews.org/index.php?searchword=Esdras+Ndikumana&ordering=&searchphrase=all&Itemid=1&option=com_search

    Bien à vous
    KAROLERO Pascal

  2. Stanislas Bigirimana
    13 septembre 2010 at 18 h 13 min #

    Boulkindi COULDIATI,
    Je vous lis depuis des mois, vous ingorez tout de mon pays. Mais je n’ignore pas tout de votre Burkina. S’il faut parler de Pierre Nkurunziza, il faut chercher du côté de Thomas Sankara plutôt que des dictatures. Le président Nkurunziza est un président qui retrousse les manches. Il travaille de ses mains et en son premier mandat il a construit plus d’écoles pendant 5 ans que les oligarchies militaires n’en ont construit pendant 40 ans. Evidemment, des burundais qui ont été privilégiés en matière d’éducation et d’emploi ne l’entendent pas de cette oreille. Ils savent que la compétition honnête ne leur donnera pas les avantages d’antan. De plus, la gratuité de l’enseignement favorisera l’emergence des intellectuelles dans les groupes jadis marginalisés. Ceux dont les pères ont été passés à la faucille en 1972 comme Pierre Nkurunziza et qui en 1995 ont du faire le maquis après être chassés de l’université par leurs camarades soutenus par l’olgarchie politico-militaire qui a assassiné Melchior Ndadaye en 1993, savent que le Burundi a changé. Les exilés d’antan qui rentrent régulièrement en vacances vous diraient la même chose. Je connais des Burkinabe qui resident au Burundi, allez leur demander. Ne te contente pas de ce que les privilégiés qui dinnent avec les touristes et les journalistes étrangers (et qui quelquefois leur offrent des concubines ….) t’ont raconté, il y a un burundi profond rural et reconnaissant et cette « masse » correspond statistiquement aux 93% que Pierre Nkurinziza a récolté aux dernières élections.Vos généralisations hâtives trahissent une manque de culture générale grave pour une personne qui est payé pour observer le quotidien. Je croyais que tu sais au moins que les pays comme les personnes différent. je ne vois pas d’où tu tire les similarités entre le Burundi et le Niger!

    Stanislas bigirimana

  3. Stanislas Bigirimana
    13 septembre 2010 at 19 h 36 min #

    Dans mon dernier message, je déplorais le fait que vos généralisations hâtives, trahissent d’un manque de culture générale lamentable, pour une personne qui gagne sa vie en observant le quotiden. Vous n’avez aucune base logique ou empirique pour conclure qu’au Burundi les choses doivent nécessairement se passer comme au Niger ou en Guinée. En manquant de tact dans vos observations, vous avez trahi votre metier contrairement à votre collègue Colette Braeckmann qui a su changer de discours avec le changement des évenements. Le Burundi pourrait être le seul pays en Afrique, et pourquoi pas dans le monde, où l’avenir politique ne decide plus dans les salons huppés de la capitale, mais au fin fond des collines, au fin fond de la bananeraie (les autres ont des villages là nous avons des collines, et vous pourriez mettres les palmiers là où nous avons les bananiers, peu-importe). C’est un model « bottom-up » qui devrait être analysé en profondeur et même exporté comme alternative à l’échec du model strictement occidental qui a connu des déboires indues en Afrique postcoloniale.

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