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Suzanne Mbomback : un hommage bien mérité

L’ancienne ministre élevée au rang d’Officier de l’Ordre national de la valeur à titre posthume. A16h, samedi dernier, la terre de Nkolkumu, dans l’arrondissement de Yaoundé VII, s’est définitivement refermée sur Mme Mbomback, née Suzanne Bandolo. L’ancienne ministre de la Promotion de la femme et de la Famille, décédée le 3 août dernier à 54 ans, a été élevée au rang d’Officier de l’Ordre national de la valeur, à titre posthume. Au nom du président de la République, la décoration a été décernée par Marie-Thérèse Obama, ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, par ailleurs représentante du chef de l’Etat à ces obsèques. Il faut avouer que les obsèques de Suzanne Mbomback ont été particulièrement courues, avec la présence d’actuels et anciens membres du gouvernement, d’une forte délégation du Cercle des amis du Cameroun (Cerac) conduite par Linda Yang, coordinatrice générale, des militants du Rdpc, des groupes de diverses associations féminines, des parents et amis choqués.

Tout a commencé par une messe de requiem, au cours de laquelle l’officiant principal a demandé à l’assistance d’ignorer tout ce qui ce dit sur les causes de la mort de l’ancienne ministre. Car, malgré tout, c’est Dieu qui donne et c’est Dieu qui reprend. « Vaut mieux prier pour Suzanne Mbomback, afin que Dieu lui ouvre ses portes et qu’elle puisse connaître la gloire, le jour de la résurrection». A la suite de la prière, parole a été donnée au représentant du village de la défunte, question d’expliquer les réelles causes du décès de Mme Mbomback. Le vieil homme a parlé d’une histoire de sorcellerie qui a longuement agité le village, mais à laquelle lui-même ne croit pas beaucoup.

Place aux témoignages. La voix étranglée, Charles, le fils aîné de la défunte explique que la vie a perdu son goût sans sa mère. « Mais mourir n’est rien face à l’intensité des souvenirs de toi », affirme-t-il. Du ballet des chefs de famille et de clan, l’on retient que la défunte était une grande dame, généreuse et dynamique. Elle qui a notamment marqué son passage à la tête du Minproff par un combat acharné contre le concubinage et l’excision, entre autres. Linda Yang a porté la voix du Cerac, pour dire que leur « sœur et amie » avait toujours su se distinguer par son charisme et sa capacité de mobilisation de la gente féminine. « Le Cerac garde d’elle le souvenir d’une femme attachante et chaleureuse », souligne la coordinatrice générale du cercle. «Le décès de Mme Mbomback est une perte pour notre pays », a-t-on également retenu du message de condoléances du couple présidentiel, adressé à la famille et lu par Jean Claude Tsila, préfet du Mfoundi. Malgré les caprices du temps, c’est une foule immense qui a accompagné Suzanne Mbomback jusqu’à sa dernière demeure.

Affaire de sorcellerie ?

A côté des aspects protocolaires, les obsèques de Suzanne Mbomback ont connu des moments de tension entre les autorités administratives et traditionnelles. En effet, samedi dernier autour de 12h, alors que les membres du gouvernement arrivent à Nkolnkumu, par Nkolbisson, pour l’adieu à l’ex-Minproff, deux garçons, environ 6 et 7 ans, sont traînés par des anciens du village et jetés à même le sol, au centre de la cour, en face de la résidence de la défunte. « C’est eux ! », lance l’un des vieux. La foule s’ébranle spontanément, sous le regard apeuré des deux enfants. Le tam-tam résonne de plus belle, pendant que appareils photo, caméras, téléphones portables sont mis à contribution pour capter l’image des « sorciers ».

Dans la foule, des villageois prennent des étrangers à témoin. Ici, une femme raconte que l’un des deux garçons était venu rencontrer la défunte quelques semaines avant sa mort, pour lui dire que des gens du village sont en train de la « manger » en sorcellerie. Mais comme elle lui apporte souvent des gâteaux, il refuse de « manger » et préfère la prévenir. Un autre villageois affirme qu’il a vu le grand-père de ces enfants, principal « mangeur », partir en catimini tôt ce samedi matin, peu avant 5 h… Cela dit, le sous-préfet de Yaoundé VII a jugé qu’il n’est pas bon d’exposer ces « pauvres enfants », dont les images vont faire le tour du monde pour une histoire dont personne n’a la preuve. Après une petite résistance, les notables du village se sont pliés et les enfants sont repartis sous escorte policière. Le reste de la cérémonie s’est déroulé sans heurt.

Félicité BAHANE N.

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