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Omar Béchir au Kenya, un invité qui a fait scandale

Sur invitation de son homologue kenyan, Mwai Kibaki, le président soudanais, Omar el-Béchir, a effectué une visite à Nairobi le vendredi dernier, pour prendre part à la cérémonie officielle de la promulgation de la nouvelle Constitution du Kenya.

L’homme fort de Khartoum, on le sait, est sous le coup de deux mandats d’arrêt émis contre lui par la Cour pénale internationale (CPI) en mars 2009 et juillet 2010, respectivement pour crimes de guerre et contre l’humanité, et pour génocide au Darfour.

Le Kenya étant un pays signataire du statut de Rome instituant la CPI, il n’en fallait pas plus pour une levée de boucliers des instances internationales. Catherine Ashton, la Haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères, a alors demandé au Kenya de « respecter ses obligations » et d’arrêter le président soudanais.

Même appel aux Etats membres de l’ONU à respecter l’application des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité. A cette injonction, les juges de la CPI ont fait chorus, appelant les Etats parties au fameux statut à prendre toute mesure « opportune ».

Béchir n’est pas à son premier pied de nez à l’endroit de la Cour. En juillet passé, il l’avait déjà défiée en effectuant une visite au Tchad. Malgré les cris d’orfraie poussés en son temps, le chef militaire est retourné chez lui sans être inquiété.

Cette fois-ci encore, ce fut bien le cas. C’est le contraire qui aurait étonné, quand on sait que pour l’Union africaine (UA), les mandats d’arrêt contre Omar El-Béchir nuisent à la recherche de la paix au Darfour, cette province de l’Ouest du Soudan en guerre civile depuis sept ans.

N’a-t-elle d’ailleurs pas demandé à ses membres d’ignorer les demandes de la CPI ? Et même qu’elle lui a refusé d’ouvrir un bureau de liaison en Afrique où tous les dossiers qu’elle a traités jusqu’à maintenant trouvent leur origine. En réalité, le refus des chefs d’Etat du continent d’appliquer la mesure de la Cour qu’ils trouvent impartiale, est la traduction de leur peur d’avoir eux-mêmes affaire un jour à elle, chacun traînant bruyamment des casseroles.

La solidarité de corps est donc mise en branle pour signifier comme qui dirait : « On meurt ensemble ». Pour l’arrestation donc de l’enfant terrible d’Hosh Bonnaga, en tout cas en terre africaine…veuillez bien repasser demain.

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