On peut s’interroger non sans raison si le respect le plus élémentaire dû à la personne humaine n’est pas en train de disparaître au Cameroun. Car la banalisation des crimes récurrents s’apparente à un déni d’humanité de la part de leurs auteurs…
Sous nos yeux humides, sans aucun mouchoir disponible, une tragédie déroule toute son horreur, pratiquement au quotidien. Comme tétanisée, la société toute entière semble en panne de riposte, prisonnière des repères gavauldés comme une monnaie dévaluée. De quoi s’agit-il ?
La presse nationale, très souvent portée vers le sensationnel dit « vendable » et surtout vers la chose politique où elle croque à loisir les leaders au gré de leurs tribulations, ne manque pas cependant dans sa rubrique de faits divers de relever tous les travers de notre société aussi horrible et insoutenable les uns que les autres.
Comment ne pas être pétrifié d’indignation devant l’histoire d’une fillette non encore à l’âge de la puberté qui est enlevée à Bafoussam, décapitée et démembrée par son sinistre bourreau qui prend un soin macabre à arracher son hymen et son cœur pour des destinations sans nom ? Comment rester sans réaction face à cette scène de trois mineures violées et en sang par un bourreau qui n’est autre que le voisin du quartier et qui a pu accomplir sa sordide entreprise avec la complicité passive de tout le voisinage ? Comment demeurer indifférent à l’histoire de cette fillette de 8 ans kidnappée et retrouvée morte après avoir subi des violences physiques perpétrées par son ravisseur qui demandait, en outre une substantielle rançon à ses pauvres parents même après son décès avéré.
Dans un autre registre non moins sordide, on a le cas de ce jeune homme qui, allant chercher sa pitance tôt le matin s’est fait agresser par des malfrats qui voulaient purement et simplement (faute de mieux ?) l’ablation de son sexe.
Au regard de tous ces faits vécus dans notre quotidien, on peut s’interroger non sans raison si le respect le plus élémentaire dû à la personne humaine n’est pas en train de disparaître. Car la banalisation de ces crimes récurrents s’apparente à un déni d’humanité de la part de leurs auteurs. Très souvent, c’est par un haussement d’épaules qu’on évacue les faits têtus en voulant se donner bonne conscience : «le monde est ainsi fait, vivons le seulement» selon la célèbre formule. Mais ce monde que nous décrions avec force n’est-il pas de manière originelle en nous tous ? Pourquoi la politique de l’autruche, pirouette sans doute facile et bien indiquée pour préserver l’honorabilité d’une société qui a mal dans ses entrailles mais dont nous sommes les produits «ondoyants et divers».
Mais on ne peut pas s’attaquer de manière aussi frontale et inhumaine au cœur de l’innocence, symbolisé par les enfants depuis la nuit des temps. Toute la société doit s’indigner et se mobiliser. Que recherche-t-on quand on violente l’innocence d’une gamine de 9 ans ? Les organisations non gouvernementales (ONG), beaucoup plus actives sur le terrain politique et celui des droits de l’homme (ce qui est absolument louable), pourrait aussi s’intéresser à ce drame social qui apparaît comme un fardeau quotidien pour nos enfants qui ne demandent qu’à être bien encadrés et bénéficier d’une éducation de nature à leur donner des qualités pour en faire des leaders de demain.
WAFFO MONGO
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Le fond du problème ne serait il pas la misère et l ignorance organisée ?
SEUL une société civile forte peut et doit changer nos société…