Hassan Nasrallah a affirmé, il y a une dizaine de jours, qu’Israël est impliqué dans l’assassinat à Beyrouth en 2005 de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Comme il s’y était engagé alors, il a produit mardi, au cours d’une conférence de presse, des éléments d’information qui, selon lui, confortent l’accusation.
Sans être des preuves irrécusables quant à la responsabilité de l’Etat sioniste dans l’assassinat politique dont a été victime Rafic Hariri, il est incontestable néanmoins que les éléments réunis par le Hezbollah montrent que l’on a trop vite écarté la possibilité qu’Israël ait été impliqué. Les seules pistes sur lesquelles se sont engagés les enquêteurs, tant libanais que ceux du Tribunal spécial international créé pour «faire la vérité» sur l’assassinat de Hariri, sont celles qui vont dans le sens de la culpabilité ou de la Syrie ou de son allié sur la scène libanaise, le Hezbollah.
Un véritable matraquage médiatique a été mené pour convaincre l’opinion libanaise et internationale que l’un de ces deux acteurs a été derrière l’attentat à la voiture piégée dans lequel a péri Rafic Hariri. Mais le silence a été total quant à la possibilité que cet attentat ait pu être l’œuvre des services secrets israéliens. Comme si Israël ne poursuit aucun objectif au Liban et n’est pas susceptible de recourir à l’attentat politique.
La Syrie a été rendue responsable de l’assassinat par le camp de ses adversaires libanais, dans le sens duquel les Etats-Unis et la France ont abondé pour exiger le retrait immédiat du Liban des forces armées et paramilitaires syriennes. Cela sans preuves tangibles pour étayer leur accusation. Toutes les argumentations antisyriennes sont fondées sur l’a priori que Damas a eu un intérêt politique à la liquidation physique de l’ex-Premier ministre. C’est le même a priori qui a servi pour ensuite développer l’implication du Hezbollah dans ce crime.
A regarder de près, ce sont pourtant la Syrie et le Hezbollah qui ont fait les frais des conséquences de l’assassinat de Rafic Hariri. Damas a été effectivement contraint, sous la pression internationale manipulée par les Etats-Unis, de retirer ses troupes du Liban peu après l’évènement. Le Hezbollah, quant à lui, s’est retrouvé isolé et réprouvé sur la scène nationale libanaise après l’attentat.
On a voulu nous faire accroire que la Syrie et maintenant le Hezbollah ont commandité ou organisé l’assassinat de Hariri, sans avoir mesuré que cela risquait de se retourner contre leurs intérêts politiques majeurs au Liban et dans la région. Et c’est Israël qui a bénéficié de l’isolement momentané dans lequel Damas et le Hezbollah se sont retrouvés.
L’assassinat de Hariri a failli déclencher une nouvelle guerre civile au Liban. Ce qui est l’objectif de l’Etat sioniste au pays du Cèdre. Pourquoi rejeter l’hypothèse qu’il a voulu l’atteindre en assassinant l’ex-Premier ministre Hariri ? C’est toujours d’ailleurs l’objectif de Tel-Aviv qui s’y emploie encore en faisant tout pour aviver les dissensions interlibanaises.
Le Tribunal spécial international, qui a recueilli les «révélations «de douteux témoins à charge contre la Syrie puis contre le Hezbollah, se doit d’examiner sérieusement les arguments pertinents présentés par Nasrallah, qui donnent du crédit à la thèse d’une piste israélienne.
Kharroubi Habib
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