Afrique :
IL est Exclu de Penser que la Crise Economique peut Favoriser la limitation des Naissances.
Le rapport 2011 de l’Institut National d’Etudes Démographiques -France(INED) indique que la population mondiale continue à croitre. Comptant 6 milliards en 1999, elle franchit le seuil de 7 milliards en 2011, soit un gain d’un milliard en 12 ans, et selon toute vraisemblance, le 8ème milliard devrait etre atteint en 2025.
Pour l’INED, l’un des grands changements à venir est le formidable accroissement de la population de l’Afrique qui, Afrique du Nord comprise, pourrait quadrupler d’ici un siècle passant de 800 millions d’habitants en 2000 à 3,6 milliards en 2100, ceci malgré le SIDA. Selon les experts de l’INED, alors qu’un homme sur sept vit aujourd’hui en Afrique, ce sera probablement un homme sur trois dans un siècle.
Enfin, lit-on dans la rapport INED, l’accroissement de la population devrait etre particulièrement important en Afrique au Sud du Sahara ou la population devrait passer d’un peu plus de 600 millions d’habitants en 2000 à près de 3,4 milliards en 2100.
Ce rapport de l’INED publié en Aout 2011 a suscité beaucoup de commentaires chez les spécialistes des questions de population et développement en Afrique, et crée chez certains, ce que l’on appelait au début de la décennie 1980, la « Peur du nombre » qui vont jusqu’à penser que si le développement économique ne suit le rythme de l’accroissement démographique , et que la pauvreté n’est pas réduite de manière substantielle, d’ici cinquante ans , « la limitation des naissances finira par s’imposer aux populations africaines ».
L’Accroissement de la Population est-ce un obstacle au développement ?
Les chiffres et projections de l’INED inspirent et font craindre. A la faveur du rythme actuel du développement du continent, de la persistance de la pauvreté et en examinant les coefficients actuels de corrélation entre les différents indicateurs socio-économiques et démographiques, les intellectuels et experts afro-pessimistes arrivent à la conclusion, qu’en Afrique d’ici 2050, la limitation des naissances finira par s’imposer aux populations. La stagnation économique du continent, disent-ils, atteindra un niveau, assez contraignant et les futurs dirigeants finiront par considérer que l’accroissement de la population fait obstacle au développement.
Qu’est ce qui fait problème ?
Si nous restons dans la logique de l’inadéquation Population et Développement, l’on se rend compte qu’en Afrique 30 ans après la mise en place des programmes de population et des programmes de planification familiale et malgré les milliards de dollars investis par UNFPA, la Banque Mondiale, l’UNICEF, l’USAID dans les dits programmes , et ,en analysant, les coefficients de corrélation entre différents socio-économiques et démographiques , l’on constate que : « les besoins fondamentaux de la population africaine ne sont jamais satisfaits ». En 2011, les populations pauvres et défavorisées sur le plan de l’alphabétisation, le sont également en matière d’espérance de vie, de santé, d’éducation, de mortalité infantile, de nutrition, de production alimentaire, d’emploi et de revenu.
IL ressort de divers rapports publiés ces dernières années sur la population et le développement que l’Afrique est la seule région du monde ou le taux d’accroissement de la production alimentaire est non seulement inférieure au taux de croissance de la population, mais aussi en baisse continue, cela depuis la fin de la décennie 1970. Le déboisement, la pression de l’homme sur la terre provoquent chaque année la désertification d’une partie importante du continent.
Enfin, les pratiques discriminatoires dont souffrent les femmes. Les démographes africains, notent qu’en dehors des variables strictement démographiques, l’instruction des femmes apparait comme une variable importante dans l’explication du niveau et des tendances de la fécondité et de la mortalité infantile observée ces dernières années, et est donc un facteur important du lien entre croissance démographique et développement.
Débat conceptuel autour de la Relation Planification familiale, Planification Démographique et Développement.
Au lendemain des indépendances africaines, les gouvernements dans leur écrasante majorité avaient adopté une attitude nataliste, moins favorables à la réduction de la croissance démographique, et, réfractaires à la mise en place de la planification comme moyen de régulation de la croissance de la population. Selon eux, les sociétés africaines ont toujours développé une véritable culture de la forte fécondité, parce qu’une descendance nombreuse n’est pas seulement un gage de main d’œuvre dans l’immédiat, mais aussi une promesse de sécurité pour les anciens, les malades et les faibles. Ils estimaient enfin, que le véritable problème de l’Afrique nouvellement indépendant ne réside pas dans l’accroissement de la population, mais pour eux, le seul problème qui vaille en Afrique est celui du développement, et dans une formule consacrée à l’époque, ils étaient tous unanimes à dire et à penser que « la meilleure pilule c’est le développement ». Malheureusement, ce développement reste une chimère et cet argument a peu convaincu. Les africains ont fini par réviser leur position et une trentaine de pays dans les années 1980 ont compris que leur taux de croissance démographique est trop élevé. Le Nigeria a annoncé une politique nationale de population en 1988. Le quatrième plan national de la Zambie lancé en 1989 incluait des objectifs spécifiques et ambitieux de planification familiale et de population.
Pour reprendre Daniel Sala Diakanda, ancien directeur de l’Institut de Formation et de Recherches Démographiques(IFORD) dans les documents pédagogiques de l’IFORD, « les gouvernements africains ont non seulement changé de discours en matière de politique de population, mais s’efforcent aussi dans leur grande majorité et à des degrés divers de joindre l’acte à la parole ».
En joignant l’acte à la parole, les Etats africains avaient tous souscrits aux objectifs du Forum d’Amsterdam sur la population au XXIème siècle, ténu le 9 novembre 1989. Ce forum auquel ont participé 79 nations à travers le monde a fixé aux pays des objectifs en matière de population pour le XXIème siècle. Il s’agit entre autres, de :
-Réduire le nombre moyens d’enfants par femme afin d’atteindre au minimum la variante moyenne des projections de population fixées par les Nations Unies
-Diminuer notablement la proportion des femmes qui n’utilisent pas des méthodes fiables de planification familiale, mais souhaitant, reculer, retarder ou limiter les naissances.
-Abaisser substantiellement le nombre de mariages précoces et de grossesses des adolescentes.
A partir de ce consensus obtenu sur le bien fondé de la nécessité de mettre en place dans les Etats des programmes efficaces de planification familiale avec le soutien des partenaires au développement comme l’UNFPA, la Banque Mondiale, l’USAID, l’UNICEF, la GTZ s’est posé un autre problème moins conceptuel, mais plus pratique, celui du choix entre l’espacement des naissances et la limitation des naissances. Un choix vite fait, car tous les Etats ont opté pour des programmes de planification axés sur l’espacement des naissances, couplé dans certains pays de la lutte contre la stérilité Malgré ce choix le discours ambivalent entre espacement et limitation des naissances a longtemps prévalu et dominé les principes et les positions idéologiques en ce qui concerne la maitrise de la procréation comme facteur essentiel pour la promotion du bien être familial, que d’aucuns ont appelé « parenté responsable »
Pourquoi les Populations Africaines sont peu Pressées ou peu Enthousiasmées à adopter la Contraception ?
La réponse à cette question est donnée par la démographe française Thérèse Locoh, qui, dans une étude publiée au début de la décennie 1990 et intitulée, « Familles dans la Crise et politique de Population en Afrique », procède à l’inventaire des stratégies familiales africaines en réponse à la crise. Ces stratégies concernent la circulation des enfants au sein des maisonnées d’un même groupe familial pour répartir les couts de l’éducation des enfants et autres, la reproduction.
Thérèse Locoh note que de nombreux démographes, spécialistes du développement pensent que l’Afrique doit avant tout penser à « limiter sa fécondité », et, dans le même temps s’impatientent de voir leurs avis peu suivis. Pour la démographe française, les familles africaines dans leurs décisions quotidiennes, développent de multiples stratégies pour faire face aux impératifs de la croissance démographique ; et, leurs choix correspondent à des logiques sociales qui ne correspondent pas toujours à celles de la Banque Mondiale ou du FMI.
S’agissant des interventions sur la reproduction, Thérèse Locoh, met l’accent sur les modifications de comportements de nuptialité ; à savoir, le retard de l’âge au premier mariage en milieu urbain et chez les jeunes scolarisées, la séparation temporaire des conjoints, résidences séparées pour certains couples, et un essai plus ou moins réussis des méthodes diverses pour espacer les naissances (méthode Ogino, gris-gris, décoction).
De l’avis de Thérèse Locoh, il est exclu de penser que la crise économique peut favoriser la limitation des naissances en Afrique. La crise, dit-elle, ne peut pas être un facteur de limitation de la fécondité. Selon, Thérèse Locoh, la seule voie qui peut conduire à la limitation des naissances en Afrique est le progrès social. Le progrès social, affirme-t-elle, suppose des infrastructures bien reparties sur tout le pays dans deux domaines au moins : l’éducation et la santé. Malheureusement, force est de le constater pour le regretter, la faillite actuelle des Etats africains ne laissent que peu d’espoir de voir les gouvernements engager des politiques sociales et familiales ambitieuses. C’est tout le contraire qui se produit.
50 ans Après les Indépendances, l’Afrique continue de Recourir au Financement Extérieur pour Soigner ses Populations et leurs assurer le bien être.
Beaucoup de spécialistes africains partagent ce constat fait par Thérèse Locoh, et vont même plus loin, car disent-ils, « 50 ans après les indépendances, l’Afrique continue toujours de recourir au financement extérieur pour promouvoir la santé de ses populations et pour leur assurer le bien être » ; comme en témoigne ces données de l’Union Africaine(UA).
Les données récentes collectées et analysées par l’Union africaine sur les dépenses de santé publique dans les pays d’Afrique subsaharienne et présentées dans son « Rapport intérimaire sur la mise en œuvre des plans d’action des Déclarations d’Abuja pour le paludisme, le VIH/sida et la tuberculose » décrivent une situation assez intéressante et très révélatrice.Selon ces données, près du tiers des pays d’Afrique subsaharienne allouent au moins 10% leurs budgets nationaux au secteur de la santé, 38% allouent 5 à 10%, tandis que 29% allouent moins de 5%. Le rapport indique également que la plus part des pays de l’Afrique centrale et de l’Ouest allouent moins de 5%. Le Botswana, selon ces données, est le seul pays qui a réalisé les objectifs fixés par la Déclaration d’Abuja de 15%, alors que les pays s’approchant de cette cible sont la Gambie (13%), le Ghana (13%), la Namibie (12%), Sao Tomé et Principe (14%), la Tanzanie (13%), l’Ouganda et le Zimbabwe (14,5%).
FOUSSENOU SISSOKO
EXPERT EN COMMUNICATION SANTE et VIH/SIDA.
foussenouymail.com.
Articles du même thème:
- L’Afrique paie pour les révolutions Les bouleversements dans le nord de l’Afrique (Tunisie, Egypte, Libye) et la crise en Côte d’Ivoire ont une incidence sur l’économie du continent. Les révolutions en Afrique du nord se...
- Forum sur le développement de l’Afrique à Addis-Abeba A l’occasion de l’ouverture mardi du septième Forum sur le développement de l’Afrique à Addis-Abeba, en Ethiopie, les participants, dont de hauts responsables de l’ONU et de l’Union africaine (UA),...
- 30 étudiants à la découverte de la politique allemande de développement en Afrique Hans-Jürgen Beerfeltz, secrétaire d’État au ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement, a accueilli jeudi 30 étudiants en sciences politiques de l’université de Bonn en son ministère. Dans le...
- AFRIQUE D’AUJOURD’HUI, AFRIQUE DE DEMAIN Après avoir poussé son dernier soupir, l’an 2010 vient de s’endormir dans la sépulture du temps. Son ultime et magnanime immersion dans les profondeurs du néant, est ainsi consommée. L’année...
- Les chances qui se présentent en Afrique Le troisième sommet de l’UE avec les pays d’Afrique réunit actuellement les représentants de quelque 80 pays à Tripoli, la capitale de la Libye. L’Allemagne y est représentée par son...


80% ah ben oui, c’est de la diiarimsnction flagrante.J’en ai une encore pire, rendez vous compte, le rapport est de 95%…Et oui, dans 95% des cas, ce sont les femmes qui obtiennent la garde des enfants.A quand une action d’homme en soutien gorge dans les tribunaux pour se plaindre. Car bizarrement, sur cette inégalité homme – femme, les féministes gardent le silence.