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LES RADIOS COMMUNAUTAIRES ET LES POLITIQUES PUBLIQUES.

Montréal au Canada abritera le 17 Octobre 2011, un forum de réflexion et de partage sur la « Radios Communautaires et les Politiques Publiques » à l’initiative de l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires(AMARC) et de l’Association des Radiodiffuseurs du Québec (ARCQ)

L’objectif de ce forum est de tracer un portrait de la radio communautaire dans le monde, de ses différents modèles de financement et de fonctionnement, de ses liens avec le secteur de l’économie sociale et des différentes politiques publiques dont l’appui, et la réglementation, propres à la radiodiffusion communautaire

Cette rencontre de Montréal de l’avis de ses initiateurs, permettra aux acteurs
De la radio communautaire en provenance du Québec, du Canada, de l’Afrique, de l’Amérique latine, de l’Europe et de l’Asie Pacifique de partager leurs expériences, d’échanger sur la situation de la radio communautaire et sur le rôle des pouvoirs publics dans le développement et la pérennisation du secteur. A l’issue du forum, les participants adopteront la Déclaration de Montréal sur la pérennisation de la radio communautaire.

Le forum de Montréal vient à point nommé, au moment ou planent de nombreuses incertitudes sur l’existence des radios communautaires, en tout cas, pour ce qui concerne celles qui sont implantées en Afrique dans leur grande majorité.

Nombreuses de ces incertitudes s’expliquent par le fait que beaucoup de ces radios communautaires en Afrique si non le tout ont été créées dans l’euphorie des mouvements démocratiques des années 1990 avec en prime la reconnaissance et la garantie de la liberté de la presse par les Etats. Les textes juridiques et réglementaires qui prennent en compte leur spécificité et ayant servi de cadre pour leur opérationnalisation n’ont pas été suffisamment bien élaborés. Les preuves :

Au Bénin les radios communautaires ont du mal à évoluer parce que la législation en vigueur et censée balisée leurs actions dans le paysage médiatique est, insuffisante et incohérente

Au Cameroun, la typologie des radios dans son ensemble n’est pas très claire, car le décret d’application d’avril 2000 portant sur la libéralisation des ondes fait seulement référence à la notion de services non commerciaux à vocation nationale ou locale, la radio communautaire n’est pas explicitement citée

Au Sénégal, l’article 18 du cahier des charges des radios communautaires qui interdit à celles ci traitement de l’information politique Le cahier des charges stipule que les radios associatives et communautaires ne doivent pas parler de politique ; et même moment, les radios communautaires appartenant à des responsables politiques se multiplient

Le cas sénégalais est suffisamment paradoxal et édifiant dans un contexte marqué par la décentralisation et le renforcement de la participation des communautés à la gestion des affaires qui les concernent, la radio associative passerait à coté de sa mission si dans le cadre de ses émissions, de gouvernance politique et économique , il est tout à fait incompréhensible que les radios communautaires ne puissent organiserons , elle n’organisait pas des espaces d’interpellation des élus locaux.et ces derniers doivent avoir des passerelles pour communiquer avec leurs administrés,

Au Mali La particularité marquante est que les radios ont commencé à émettre d’abord et a loi n’est venue que par la suite pour essayer de réglementer le paysage radiophonique. Cette situation s’explique par le contexte des événements de mars 1991 qui a conduit à la chute du régime du président Moussa Traoré. Dans la mouvance de l’ouverture politique les radios se sont essaimées sans cadre réglementaire. Compte tenu des conditions atypiques dans lesquelles sont nées ces radios, et le secteur est aujourd’hui confronté à des difficultés qui nécessitent des réajustements

Un autre écueil, c’est celui relatif à la typologie des radios. Cette typologie est faite à telle enseigne que l’on a de la difficulté à catégoriser les radios communautaires. Dans tous les pays africains, on trouve une typologie classique des radios qui est à la limite très imprécise. Ainsi on réparti les radios en radios non commerciales, radios commerciales, radios confessionnelles et radios publiques

Cette situation confuse en terme d’identité dans laquelle se trouvent les radios communautaires fait dire à plus d’un spécialiste africain de la communication, de l’urgence et de la nécessité de revisiter les textes qui régissent la création et le fonctionnement des radios tout en prenant en compte la spécificité de chacune des radios

En plus de ce problème d’ordre juridique et réglementaire, les radios communautaires en Afrique surtout sont confrontés à celui du financement Pour certains responsables de radios communautaires, le problème de financement est lié au fait que les textes en vigueur interdits explicitement à ces radios de recevoir de la publicité. Ainsi au Cameroun, La publicité est explicitement interdite aux radios non commerciales. Autrement dit les radios associatives et communautaires n’ont pas légalement accès à la publicité. La loi de 1990 et le décret d’application de 2000 énoncent laconiquement que les stations non commerciales n’ont pas accès à la publicité. Au Sénégal. , c’est l’article 19 du cahier des charges qui interdit aux radios communautaires de diffuser de la publicité commerciale.

Le problème va cependant au delà de l’accès à la publicité et il convient d’admettre comme l’a souligné l’AMARC, en Afrique, nombre de radios communautaires croît sensiblement. La demande pour des nouveaux services est perceptible et les preuves sur les avantages directes vis-à-vis des communautés sont de plus en plus démontrables en termes d’engagement civique, d’autonomisation et d’accès à l’information. Cependant, le coût d’acquisition et d’installation des équipements pour le développement de services existants et l’établissement de nouveaux services est un facteur limitant. Pour moins d’un dollar par personne, un village de 20,000 habitants peut avoir sa propre radio communautaire avec connexion à l’Internet. Investir dans la radio communautaire est sans aucun doute le moyen le moins coûteux et le plus rapide pour rejoindre les communautés les plus marginalisées. Cependant, la disponibilité des fonds est inégale et ceux-ci souvent mal ciblés.

Face à cette donne l’AMARC propose l’établissement d’un partenariat innovateur entre les donateurs et la société civile intitulé : Fond d’équipement pour la radio communautaire en Afrique. Ce fond appuiera des initiatives communautaires de média d’information et de communication combinant à la fois un média traditionnel, la radio, et les TIC. Le fond financera particulièrement des projets ciblant entre autres les communautés les plus pauvres, des projets assurant la diversité culturelle et linguistique et ainsi que ceux mettant l’accent sur la participation des femmes et des filles

FOUSSENOU SISSOKO
EXPERT EN COMMUNICATION SANTE ET VIH/SIDA.
foussenou@ymail.com

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