Le président nigérian, Goodluck Jonathan, a prêté serment et pris ses fonctions de président du Nigeria ce dimanche à Abuja, en présence de plusieurs chefs d’Etat africains. Cette cérémonie d’investiture marque le début d’un mandat de quatre ans.
Dix mille membres des forces de sécurité, des hélicoptères, des routes barrées : c’est sous très haute surveillance que Goodluck Jonathan a prêté serment dans le square Eagle, à Abuja, la capitale du Nigéria. Et pour cause : en octobre dernier, un double attentat à la voiture piégée s’était produit près de ce même square, à l’occasion des célébrations du cinquantenaire de l’indépendance. Par ailleurs, si le scrutin présidentiel du 16 avril s’est globalement bien déroulé, il a été assombri par des violences post-électorales. Celles-ci ont fait 800 morts selon l’ONG de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch et ont tragiquement illustré les divisions – notamment religieuses – du pays, le plus peuplé d’Afrique.
Arborant son éternel stetson, Goodluck Jonathan a juré qu’il serait loyal et qu’il faisait serment d’allégeance au Nigéria « pour s’acquitter de sa mission au mieux de ses capacités ». Une vingtaine de chefs d’Etat africains parmi lesquels Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, Jacob Zuma d’Afrique du Sud et Robert Mugabe du Zimbabwe, ont assisté à la cérémonie d’investiture. En réalité, Goodluck Jonathan est en poste depuis un an déjà puisqu’il a succédé en mai 2010 à Umaru Yar’Adua, décédé avant la fin de son mandat.
Âgé de 53 ans, c’est un chrétien du sud, appartenant à l’ethnie Ijaw. Cela en fait le premier président à ne pas appartenir à l’une des trois principales ethnies du pays – Yoruba, Haoussa-Fulani et Igbo. C’est aussi le premier chef d’Etat qui est issu du delta du Niger. Le 16 avril, il a battu sans difficulté son principal adversaire, Muhammadu Buhari, un ex-dirigeant militaire du nord, région à majorité musulmane, tandis que le sud compte davantage de chrétiens.
Parmi les nombreux défis qui attendent le nouveau président figurent la réconciliation entre le nord et le sud, la pacification du Delta du Niger, sa région natale, la lutte contre la corruption, la réforme du secteur du pétrole et la question de l’électricité. Samedi, l’organisation Amnesty International a appelé Goodluck Jonathan à s’atteler « immédiatement » à la question des droits de l’Homme et en particulier à la violence à grande échelle, à la corruption endémique et à l’impunité.
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