Tombé de son nuage depuis un certain 18 février quand la Grande muette le délogea de son palais, l’ancien président nigérien Mamadou Tandja ne rêve plus de ses grands projets qui le tenaient accroché à son trône, contraint qu’il est aujourd’hui de ruminer son pouvoir à jamais perdu. Voilà le loup du Ténéré, désormais agneau de la “villa verte”, solidement attaché, mais bêlant, broutant et s’abreuvant aux frais de la princesse.
Paradis dont nul être, sous son règne, n’aurait rêvé, voués qu’ils étaient, les opposants, tous ennemis supposés ou réels de son trône, à subir en plein désert les dures lois de la vie carcérale.
Hama Hamadou, son ancien Premier ministre, et le célèbre journaliste Moussa Kaka, pour ne citer que ceux-là, pourraient nous en dire davantage. Sept mois seulement se sont écoulés depuis sa descente aux enfers que Tandja 1er implore la clémence de la junte qui l’a tutoyé ; alors que les siens appellent au secours la Cour de justice de la CEDEAO ; cette même CEDEAO d’avec laquelle l’ancien homme fort de Niamey menaçait de divorcer pour ingérence osée dans ses affaires impériales.
Mieux, c’est son parti, le MNSD, qui crie sur tous les toits à l’inquisition, à la partialité et à l’iniquité dans la lutte engagée par la junte contre la délinquance économique, financière et fiscale, pour tenter de sauver la peau de son chef, Seini Oumarou, autre ancien Premier ministre, mis aux arrêts pour détournement de quelque 270 millions de FCFA.
La liste des accusés est, certes, longue mais comment ne pas faire foi au président Salou Djibo quand, au lendemain de sa prise de pouvoir, des intouchables d’hier qui puaient la corruption et l’enrichissement illicite se sont précipités à ses pieds pour restituer la dîme faramineuse gloutonnement prélevée sur les deniers publics ?
Que les chantres du Tchazertché craignent aujourd’hui le retour du bâton est, certes, légitime mais à qui la faute s’ils ont trempé les babines dans la soupe républicaine ?
Passé le round d’observation, le nouveau maître de Niamey vient de donner un signal fort devant les leaders politiques et de la société civile qui en doutaient encore : Tandja et les siens, toujours en détention, rendront gorge, même s’il faut casser des œufs. Et déjà, la bagatelle de 2 milliards dans la gibecière, la chasse aux prédateurs de la République s’avère fructueuse, et la peur changea de camp.
Rabi Mitbkèta
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