Digg StumbleUpon LinkedIn YouTube Flickr Facebook Twitter RSS Actualiser la page

La Centrafrique bat campagne

François Bozizé est en campagne depuis plusieurs mois déjà

La campagne électorale s’est ouverte hier en République centrafricaine pour les élections du 23 janvier prochain. Pour la présidentielle, seuls six candidats sont en lice, mais ce début de campagne s’annonce houleux.

La semaine dernière encore, quatre des six candidats ont menacé de boycotter le scrutin. En tête des protestataires, Martin Ziguélé, ancien Premier ministre centrafricain, qui dénonçait le manque de transparence de la Commission Electorale Indépendante. Selon lui, la CEI s’est spécialisée ces dernières années dans le non-respect du code électoral. Par ailleurs, le pays est miné depuis des années par l’instabilité, avec des attaques régulières, dans le Nord et l’Est, de la rébellion ougandaise de la LRA, mais aussi d’un mouvement rebelle centrafricain : le CPJP, ce qui entrave les déplacements dans le pays, et donc le bon déroulement de la campagne électorale. Trois autres candidats ont soutenu ses doléances : Jean-Jacques Démafouth, ancien ministre de la Défense puis leader de l’ancienne rébellion de l’APRD, un économiste, Emile Gros Raymond Nakombo, et un candidat indépendant, Justin Innocent Wilité.

Quatre plus deux

Les deux autres candidats sont de « grosses pointures ». Parmi eux figure le chef de l’Etat sortant. François Bozizé, au pouvoir depuis 2003, se verrait bien rester en place. Cela dit, son bilan est plutôt mitigé. Un rapport de l’International Crisis Group daté de décembre 2010 souligne, outre la violence des conflits armés, « la mauvaise gouvernance, la pauvreté et la criminalité », notamment dans le secteur minier. Exemple parlant de cette mauvaise gestion des autorités : le diamant qui alimente la contrebande et ne profite pas aux populations, ce qui encourage certains à rallier la rébellion et ainsi à entretenir le cercle vicieux de l’instabilité.

D’ailleurs, prospérité, unité et sécurité sont les maîtres mots de la campagne, tous partis confondus.

Et puis le dernier candidat n’est pas vraiment un représentant de la jeune garde non plus, puisqu’il s’agit d’Ange-Félix Patassé, ancien président, plusieurs fois ministre de l’ampereur Bokassa en son temps, et qui est rentré de son exil togolais en 2009, où il avait fui après sa condamnation à 20 ans de travaux forcés pour le détournement de 70 milliards de francs cfa.

Côté logistique enfin, les autorités assurent que tout est prêt. 4528 bureaux de vote et de dépouillement ont été validés. Les 2 millions d’électeurs n’ont plus qu’à faire leur choix.

Auteur: Sandrine Blanchard.
Edition: Fréjus Quenum

Articles du même thème:

  1. Centrafrique : campagne sans opposition ? La procédure d’enregistrement des candidats pour la présidentielle du 23 janvier est désormais close. Six hommes sont en lice. L’opposition centrafricaine fait figure de grande absente et refuse le calendrier...
  2. Présidentielle en Guinée : suspension de la campagne électorale La campagne électorale est suspendue en Guinée, au moins jusqu’à la rencontre ce lundi 13 septembre, entre le gouvernement et les deux candidats en lice pour le second tour de...
  3. Centrafrique : transparence es-tu là ? Les préparatifs de la présidentielle centrafricaine du 23 janvier donne matière à controverse. Les conditions d’un scrutin transparent ne sont pas encore réunies, disent les opposants Quatre candidats à la...
  4. L’ONU bat sa coulpe en RDC Beaucoup d’articles aussi cette semaine sur le mea culpa des Nations Unies. Les casques bleus de la MONUSCO ont failli à leur mission en ne faisant rien pour empêcher les...
  5. La campagne pour le référendum du Sud Soudan La campagne électorale pour le référendum sur l’autodétermination au Sud-Soudan, programmé en janvier prochain, a été officiellement lancée lundi avec l’organisation d’événements publics dans la capitale soudanaise, Khartoum, et dans...

Soyez le premier à poster un commentaire pour cet article.

Commentaires :

QR Code Business Card ">