Les deux chambres du parlement gabonais (Sénat et Assemblée nationale) réunies en congrès ont adopté mardi à la majorité absolue (177 voix contre 16) la nouvelle constitution gabonaise malgré le « niet » de l’opposition.
« Nombre de votants : 193, pour : 177, contre 16, abstention : 0, le congrès a donc adopté la révision constitutionnelle », a déclaré le président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama qui a présidé les débats.
« La majorité qualifiée des 2/3 étant de 128, le projet de loi constitutionnelle (…) approuvé à la majorité des 2/3 des suffrages exprimés sera transmis à Monsieur le président de la République (pour promulgation) », a-t-il dit.
Peu avant le vote à bulletin secret, tous les groupes parlementaires de l’opposition et de la majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat ont pris la parole pour défendre ou torpiller le projet initié par le président de la République, Ali Bongo Ondimba et adopté par le conseil des ministres le 19 octobre dernier.
La révision porte sur « des modifications relatives à certaines dispositions pertinentes de la Constitution, notamment sur trois paragraphes et 36 articles (…) touche l’ensemble des matières », a expliqué le gouvernement dans un communiqué du 19 octobre.
La nouvelle constitution adoptée fixe à deux mois, au lieu de 45 jours actuellement, la période pour l’organisation d’une élection présidentielle « en cas de vacance de la présidence de la République pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement définitif de son titulaire constatés par la Cour constitutionnelle saisie par le gouvernement ». La reforme de cette disposition s’est révélée utile suite aux difficultés constatées lors du décès le 8 juin 2009 du président Omar Bongo Ondimba. Il a fallu une rallonge de 15 jours pour organiser l’élection présidentielle anticipée remportée par Ali Bongo Ondimba.
Concernant l’éligibilité à la présidence de la République, la nouvelle constitution oblige les candidats à séjourner dans le pays pendant au moins un an.
Le camp présidentiel a farouchement soutenu le projet parce qu’il « adapte la loi fondamentale à l’évolution ». « Il s’agit de corriger certaines faiblesses de l’actuelle constitution », a déclaré Luc Marrat Abila, président du groupe parlementaire du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) à l’Assemblée nationale.
« La nouvelle constitution consacre l’exécutif à régner en maître absolu », a fustigé le président du groupe parlementaire des forces du changement, Zacharie Myboto (opposition).
« Certaines dispositions constituent une porte ouverte à la dictature », a-t-il insinué.
L’opposition souhaitait que la révision porte sur le retour aux élections à deux tours contre un seul actuellement, la limitation des mandats présidentiels à un seul renouvelable une seule fois, le nombre de mandats étant illimitée dans la formule actuelle suite à une dernière révision de la constitution intervenue en 2003.
Le camp au pouvoir n’a pas voulu intégrer ces points suggérant à l’opposition d’initier son propre projet de révision de la constitution.
Minoritaire dans les deux chambres du parlement, l’opposition ne peut pas envisager une telle hypothèse.
Yves Laurent GOMA, Gabon Actu
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