
Jan Beagle à la 18e Conférence internationale sur le sida à Vienne. Crédit photo : UNAIDS Anna Rauchenberger
La 18e Conférence internationale sur le Vih/ Sida a été marquée par l’annonce d’un gel vaginal microbicide à base d’antirétorviral qui peut réduire de moitié les risques d’infection. Une bonne nouvelle pour les Africaines : 60% des femmes en Afrique subsaharienne sont infectées. Autre percée les nouveaux principes énoncés par l’Organisation mondiale de la santé pour éradiquer la transmission mère/enfant à travers un dépistage et un traitement précoces.
Washington va accroître son aide à la lutte contre le Sida
La 18ème Conférence internationale sur le sida s’est achevée vendredi à Vienne, avec un message du président Barack Obama affirmant que l’aide accordée par les Etats-Unis à la lutte contre le sida continuerait à progresser.
Le message enregistré du président américain a été diffusé lors de la séance de clôture de la conférence. M. Obama a rappelé que les crédits du Fonds d’aide présidentiel Pepfar avaient augmenté et que le budget 2011 de Pepfar « était le plus important à ce jour. Nous allons doubler le nombre de bébés nés sans le virus, nous allons travailler à prévenir plus de 12 millions de nouvelles infections, nous allons fournir une aide directe à plus de 4 millions de personnes sous traitement, et aider plus de 12 millions de personnes, dont 5 millions d’enfants et d’orphelins, à obtenir les soins dont ils ont besoin », a dit le président.
A l’occasion de cette 18è conférence l’ougandais Elie Katabira de l’univervité de Makerere a été porté à la tête de la société internationale sur le Sida. « Le fait que je sois origine d’Afrique sub-sharienne et en particulier d’Ouganda », a-t-il dit « me permettra de tout faire pour qu’on règle ce dossier Sida ».
L’Ougandais Elly Katabira à la tête de la Société internationale du Sida
La 18eme édition de la Conférence internationale sur le Sida se termine avec l’annonce de la désignation du nouveau président de la Société internationale du Sida (IAS), qui organise ce rendez-vous biennal. Il s’agit de l’Ougandais Elly Katabira, professeur de médecine à l’Université de Makerere à Kampala. L’IAS est la plus grande association indépendante de professionnels du sida, avec 14.000 membres dans 190 pays.
Le Dr. Elly Katabira est le premier Africain à accéder à cette position. Il est professeur de médecine à l’Université Makerere de Kampala et spécialiste des soins et du soutien aux personnes vivant avec le VIH.
L’Afrique reste l’épicentre de cette pandémie avec plus de 22 millions d’infections en Afrique subsaharienne, soit 60% des cas dans le monde. Et c’est un chantier auquel le nouveau président de la Société internationale du Sida promet de s’attaquer. «Le fait que je suis originaire d’Afrique subsaharienne et de l’Ouganda ou l’épidémie fait des ravages, me permettra durant mon mandat de tout faire pour qu’on règle ce dossier sida en Afrique subsaharienne. Mais je suis aussi le président du monde, et il y a d’autres problèmes à régler notamment l’accès aux traitements qui touche tout le monde », a déclaré le professeur Katabira lors d’un point de presse avec les journalistes de la VOA.
Elly Katabira à tout suite lancé un appel aux leaders africains: «Nous avons tous des responsabilités, pas seulement pour exiger des pays du G8 et G20 de nous donner plus d’argent, mais nous devons aussi regarder ce qui se passe chez nous et exiger de nos leaders de faire mieux et montrer qu’ils peuvent faire preuve de transparence, a dit le professeur Katabira».
Le premier gel vaginal anti-VIH efficace
La Conférence de Vienne a été marquée par l’annonce d’un gel vaginal microbicide à base d’antirétorviral qui peut réduire de moitié les risques d’infection. Une bonne nouvelle pour les Africaines : 60% des femmes en Afrique subsaharienne sont infectées.
L’étude a été réalisée en Afrique du Sud auprès de 800 femmes. Le gel vaginal microbicide est efficace quand il est utilisé avant et après le rapport sexuel. L’essai baptisé Caprisa, financé par l’USAID a été conduit pendant près de 3 années dans ce pays où le taux de prévalence du VIH est des plus élevés dans le monde.
« C’est vraiment un moment historique, a dit Robert Clay, directeur exécutif du Département HIV/Sida de l’USAID. Notre agence, avec l’appui du président Obama, continuera à travailler avec le PEPFAR et d’autres partenaires, organisations et nations pour que ce produit soit a la portée des femmes et des filles a travers le monde et dans les zones les plus pauvres ».
Autre réactions: les malades du sida et la société civile ont applaudi cette percée qui permettrait notamment aux femmes africaines – elles représentent 60 % de la contamination du continent, en Afrique subsaharienne – de changer la donne. «Nous donnons de l’espoir aux femmes », s’est réjoui Michel Sidibé, directeur exécutif d’ONUSIDA.
Autre bonne nouvelle pour les femmes et l’Afrique, au troisième jour des travaux de la conférence de Vienne: l’annonce faite par l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé qui recommande, pour la première fois, que les mères enceintes soient testées de façon précoce. Elle demande également de débuter de façon plus précoce le traitement antirétroviral chez les femmes infectées par le VIH. Troisièmement, la mère et l’enfant peuvent prendre des ARV pendant l’allaitement pour prévenir la transmission du virus. Aussi: les enfants seront testées des les premières 4 à 6 semaines de leur naissance et, s’ils sont infectés, le traitement commence immédiatement.
Le docteur Gottfried Hirnshall, directeur du Département HIV à l’Organisation mondiale de la santé reconnaît que ce n’est pas suffisant pour éradiquer la transmission mère/enfant d’ici 2015. «Il faut une stratégie globale et concertée qui appui les programmes de santé nationaux afin de mettre en œuvre ces mesures annoncées», a-t-il souligné au micro de la VOA.
Le thème de cette conférence de Vienne : « les droits ici et maintenant » met l’accent sur les personnes vulnérables, les séropositifs, les prisonniers, les transsexuels, les homosexuels, ou encore les prostituées. La question était à la Une également avec un zoom sur les droits des homosexuels.
Ils sont 19 fois plus exposés au virus VIH, ont rappelé les experts. Joël Gustave Nana, est directeur exécutif de la coalition africaine des hommes pour la santé et les droits sexuels, a explique au micro de la VOA que « les lois qui pénalisent les personnes ayant des relations avec des personnes du même sexe, la difficulté d’accès à la prévention, aux traitements et soins, et à la justice, ne leur permet pas souvent de se protéger ».
En Afrique près de 40 pays criminalisent l’homosexualité. Au Soudan et dans le Nord du Nigeria notamment, les relations entre personnes du même sexe sont passibles de la peine de mort. Ce qui complique la tâche des Organisations internationales comme ONUSIDA.
«C’est un véritable défi. Et nous pensons que la première chose à faire est que la société civile et les gouvernements sachent que ces lois sont toujours en vigueur et comprennent pourquoi ils n’arrivent pas à éradiquer l’épidémie » a dit à la VOA, Paul Delay, directeur exécutif adjoint d’ONUSIDA.
ONUSIDA, a précisé Mr. Delay aide ces pays à comprendre que ces lois et politiques discriminatoires ne rendent pas service au combat contre le sida. Autre recommandation: les responsables des programmes de santé nationaux doivent d’abord détecter les foyers d’infection et une fois ils déterminent que la population homosexuelle est la plus touchée, il faudra penser à investir dans des initiatives de soutien afin que ces personnes vulnérables puissent avoir accès à la prévention, se protéger, protéger leurs partenaires et leurs familles.
Des conférences de cette troisième journée chargée en émotion, ont été interrompues par une manifestation. «Le PEPFAR tue les travailleurs du sexe », scandaient les manifestants. Il dénoncent ce qu’ils appellent les politiques discriminatoires de cet important programme, lancé par l’ancien président Bush et, qui disent-ils leur interdit la distribution de préservatifs, leurs activités étant jugées illégales.
La question des financements
Même si la question des financements et de la nécessité d’augmenter les fonds pour le combat contre le Sida a dominé les débats, certains estiment que l’agenda n’était pas clair sur la destination de l’argent alloué aux programmes de santé et comment faire respecter l’utilisation de ces fonds.
Au dernier jour de cette conférence, le président américain Barack Obama a voulu rassurer dans un message enregistré :«Nous allons doubler le nombre de bébés nés sans le virus, nous allons travailler à prévenir plus de 12 millions de nouvelles infections, nous allons fournir une aide directe à plus de 4 millions de personnes sous traitement, et aider plus de 12 millions de personnes, dont 5 millions d’enfants et d’orphelins, à obtenir les soins dont ils ont besoin, a dit le président ». Une déclaration qui vient un peu en retard estiment ses détracteurs qui demandent une augmentation de la contribution américaine pour continuer la lutte contre le Sida et qui auraient aimé entendre le président americain pendant les débats sur les financements.
A Vienne, la question de l’accès universel aux traitements et à la prévention, censé aboutir cette année…a été esquivée comme à Mexico en 2008. Alors que 10 millions de personnes dans le monde ont toujours besoin de traitement. Autre faiblesse : les droits et la protection des personnes vulnérables comme les séropositifs, les homosexuels, ou les femmes sont restées en suspens, malgré le choix du thème pour cette 18ème édition.
La société civile a largement profité de ce forum qui devient sa porte d’entrée pour faire entendre sa voix. Et à Vienne, plusieurs délégués, venus des quatre coins du globe, ont crié haut et fort leur frustrations, comme les travailleurs du sexe ou les militants des droits des séropositifs: ils réclamaient notamment le droit à la prévention.
Mais l’impression générale qui se dégage, c’est que ce genre de conférence devient une sorte de G8 où des leaders, des experts, etc. viennent dépenser de l’argent sans vraiment prendre de décisons et les faire appliquer. Il faudra peut-etre changer de casting et donner une part importante aux premiers concernes, les malades du Sida, disent des observateurs. Chaque deux ans: Bill Clinton, Bill Gates sont au rendez-vous, et si ce n’est pas l’artiste Bono de U2, c’est Annie Lennox, ex-Eurythmics. Les mêmes questions sont soulevées, une découverte pour calmer les débats houleux sur les financements, et une fin en queue de poisson. En 2012, la conférence sur le sida se tiendra à Washington, où le gouvernement americain reste le majeur contributeur dans ce dossier et le plus critiqué.
La prévention reste la clé en attendant un vaccin anti-sida
L’ONUSIDA a annoncé la mise en place d’une commission spéciale chargée de mener une campagne sociale et politique pour soutenir, de manière efficace, les programmes de prévention nationaux.
La particularité de cette instance c’est qu’elle est co-présidée par deux Prix Nobel, l’archevêque sud-africain Desmond Tutu et le professeur Françoise Barre Sinoussi, mondialement connue pour son rôle dans la découverte du HIV, le virus du sida.
D’anciens présidents comme Festus Mogae du Botswana, le bon élève de l’Afrique dans cette lutte contre le Sida, le Français Jacques Chirac ou encore Michelle Bachelet du Chili sont membres de cette nouvelle instance. Donc un leadership au sommet et à la base pour une révolution contre le VIH par la prévention, pour reprendre les mots de Michel Sidibé, directeur d’ONUSIDA. «Nous avons réussi dans les pays ou il y a un leadership efficace qui a mobilisé tous les acteurs concernés par ce combat et qui ont fait de la réduction des nouvelles infections leur priorité no1», a lancé Mr. Sidibé.
Cette commission aura pour rôle de sensibiliser les officiels de gouvernements, la société civile, les parlementaires, les responsables de programmes de sante, etc. Le but: la mise en œuvre de cette stratégie
« Si on ne fait rien 5 millions de personnes seront infectées dans quelques années et c’est inacceptable », a mise en garde le Dr. Françoise Barre-Sinoussi.
Cette commission aura pour rôle de sensibiliser les officiels de gouvernements, la société civile, les parlementaires, les responsables de programmes de santé, etc. Le but : la mise en œuvre de cette stratégie.
La prévention reste ainsi la clé du combat contre cette pandémie…en attendant LE vaccin. Plusieurs essais ont été menés. Il y a eu des échecs, comme celui des laboratoires Merck ou les personnes vaccinées étaient infectées. Et en septembre 2009 des chercheurs américains et thaïs, avaient annoncé les résultats de l’essai vaccinal mené sur 16 mille volontaires en Thaïlande entre 2003 et 2009. Deux candidats vaccins utilisés en combinaison : Alvac HIV et AidsVax, ont permis une réduction des risques de contamination de 31,2% des personnes vaccinées.
C’est une première historique pour la recherche, mais le Dr. Françoise Barré Sinoussi, Prix Nobel en médecine est sceptique : l’efficacité de ce vaccin, a-t-elle expliqué au micro de la VOA, est bien trop faible et le produit ne pourrait être testé sur des populations à haut risque comme en Afrique.
« On est loin du candidat vaccin. L’essai américain et thaïlandais montre qu’un petit nombre de personnes ont été protégées et les chercheurs essaient aujourd’hui de comprendre quelles sont les réponses protectrices qui expliquent cette petite protection. Et c’est important pour la recherche vaccinale », a précisé Françoise Barre-Sinoussi.
Mais alors a quand ce vaccin tant attendu ? Pour le professeur Barre-Sinoussi le vaccin anti-sida… ce n’est pas pour demain. Les chercheurs sont confrontés à une série d’obstacles et ont surtout besoin de temps et de financements.
Des promesses non tenues ?
Le message a été martelé au début de cette première journée de travaux et au cours de la cérémonie d’ouverture par le directeur d’ONUSIDA, Michel Sidibé, la célèbre artiste et activiste Annie Lennox, l’ambassadrice itinérante de l’agence onusienne et Julio Montaner président de la société internationale du sida qui organise la conférence.
Le patron d’ONUSIDA, Michel Sidibé l’a dit aussi à la VOA, dans une interview exclusive à la VOA: 10 millions de personnes n’ont toujours pas accès aux traitements anti-sida et le temps presse. L’objectif de 2010 pour un accès universel aux ARV notamment ne semble plus tenir. Il le reconnaît.
La priorité cette année selon Michel Sidibé c’est ce qu’il a appelé « la révolution par la prévention ». A lire : la connaissance de la maladie, le port du préservatif, les gels microbicides pour les femmes, la circoncision et surtout un engagement ferme des pays touchés par la maladie, des compagnies pharmaceutiques et des responsables de la santé. Tout cela ne peut aboutir aux résultats escomptés si d’un autre côte les séropositifs, les homosexuels, les femmes ou les prostituées sont victimes de discrimination et n’arrivent pas a se faire soigner.
Autre priorité pour Vienne : le volet financement. Il reste central surtout dans le contexte de la crise économique et avec l’inquiétude née d’une éventuelle réduction de la contribution américaine, principal bailleur de fonds dans ce dossier. L’ONUSIDA dit avoir besoin de 27 milliards cette année pour continuer le combat. Et selon le Fonds mondial pour la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, entre 17 et 20 milliards de dollars sont nécessaires pour répondre à la demande des pays en développement pour les aider à lutter contre ces maladies au cours des 3 prochaines années.
Quelle est la part de l’Afrique ? Dans un entretien exclusif a la VOA, le directeur du Fonds mondial pour la lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose, Michel Kazatchkine, s’est voulu rassurant. «Les investissements du Fonds mondial en Afrique c’est environ 60% de nos investissements. Nous avons déjà en sept ans investi près de 20 milliards de dollars de programmes de subventions dans le monde en développement et 12 milliards vont à l’Afrique. Je n’imagine pas que ces proportions changeront dans les prochaines années. L’Afrique est à la fois le continent où il y a des grands besoins pour ces trois maladies et un continent qui fait des progrès absolument remarquables ».
La science et ses dernières avancées restent aussi au cœur de ce genre de rencontre. Deux études ont été présentées. L’une, signée par le Journal of the American Médical Association. Elle souligne la nécessité de commencer tôt le traitement, bien avant l’apparition de symptômes, pour empêcher la destruction progressive du système immunitaire. L’autre publiée par la revue médicale britannique The Lancet qui a conclu que placer les séropositifs sous trithérapie divise par deux le nombre de nouveaux cas d’infection au VIH
La première journée a aussi été marquée par une manifestation d’une soixantaine de militants qui ont interrompu une vidéoconférence du patron de l’ONU Ban Ki Moon appelant à un financement soutenu et scandant «les promesses non tenues, tuent»
«Il y avait des engagements pris pour un accès universel aux traitements, mais l’objectif de 2010 n’a pas été respecté, les gens continuent de mourir sans traitements. Des promesses non tenues, des vies brisées. Honte au G8, honte au G20 ils ne respectent pas leurs engagements » a déploré, Louise Binder présidente du Conseil canadien de surveillance et d’accès aux traitements :
La deuxième journée des travaux démarrera avec un exposé notamment du directeur de l’UNICEF Anthony Lake, de Michel Sidibé d’ONUSIDA et Michel Kazatchkine du Fonds mondial. Au centre du débat ? Comment stopper la contamination des enfants par le VIH. 400 mille sont infectés chaque année dans les pays pauvres et plus de deux millions de jeunes de moins de 15 vivent avec le virus dans le monde. Avec la transmission mère-enfant, c’est un autre dossier prioritaire de la conférence de Vienne.
Le Glamour au service du Sida
Vienne était vêtue de rouge, vert, noir, bleu… Une symphonie de couleurs et de costumes fleuris, animaliers. De costumes provocateurs aussi pour marquer la 18eme édition du Life Ball qui a complètement transformé le déjà somptueux Hôtel de ville.
Quatre mille personnes ont fait le déplacement. Evidemment on ne peut imaginer un tel événement sans une touche de Chic et, de grands leaders…comme l’ancien président Bill Clinton. Et qu’est-ce qu’un tapis rouge sans Hollywood? L’actrice British Elizabeth Hurley, et les grands noms de la mode US: Calvin Klein, Kenneth Cole étaient au rendez-vous.
La Star de la soirée: l’actrice américaine Whoopi Goldberg, patronne aussi de la Fondation anti-Sida amFar. Elle a fait son entrée spectaculaire sur scène, en émergeant d’une planisphère géante appelée Erda…histoire d’illustrer le thème de cette année : la Terre qui boucle le cycle de la vie disent les organisateurs, après le Feu, l’eau et l’air. Des drag-queens perchées sur des talons interminables, des corps peints avec toutes les nuances chromatiques, des guirlandes dorées… tout pour célébrer la vie.
Le Glamour, l’extravagance, et la musique avec ses différentes notes: classique, techno ou rap étaient a l’honneur, certes. Mais l’objectif premier: la lutte contre le Sida et la sensibilisation. La maladie a déjà tué plus de 33 millions de personnes dans le monde. Et il est temps de la stopper disait, l’autre invité d’honneur Julio Montaner, président de l’International Aids Society qui organise la Conférence de Vienne.
En 2009, plus d’un million d’euros ont été rassemblés. La moitié des fonds vont à des projets nationaux et internationaux dans les pays les plus touchés. Des sommes qui seront gérées par la Fondation Bill Clinton, celle de la légendaire actrice américaine, Elizabeth Taylor ainsi que celle de Sir Elton John.
Aids Life qui organise le bal de charité injecte ces dividendes pour soutenir également des Organisations comme Médecins sans frontières ou encore Education Afrique, qui aide les plus démunis en Afrique du Sud à avoir accès aux écoles.
Traditionnellement, le bal de charité est organisé en mai, les organisateurs ont décalé la date pour donner un coup de pouce important à la Conférence internationale sur le sida, qui se tient jusqu’au 23 juillet à Vienne en présence de quelque 25.000 scientifiques, leaders, philantrophes et representants de la société civile du monde entier.
Nouvelle stratégie américaine contre le VIH/sida
Le président Barack Obama a lancé mardi un plan national de lutte contre le VIH/sida dans le but de réduire de 25% d’ici cinq ans le nombre de nouvelles infections, d’améliorer la détection de la maladie et d’augmenter le nombre d’Américains infectés qui prennent conscience de leur séropositivité.
Cette nouvelle stratégie intervient, a fait valoir le chef de l’exécutif américain, une trentaine d’année après que la communauté médicale ait documenté pour la première fois des cas de sida. La question est de savoir, a-t-il ajouté, si la nation va allouer les ressources nécessaires pour faire face à cette tragédie évitable.
« Même si les taux de transmission du VIH dans ce pays ne sont pas aussi élevés que par le passé, chaque nouveau cas est de trop. Nous sommes ici parce que nous croyons en une Amérique où ceux qui vivent avec le sida ne sont pas considérés avec méfiance, mais traités avec respect. Où ils reçoivent les médicaments et soins dont ils ont besoin. Et où ils peuvent vivre leurs vies aussi pleinement que leur santé leur permet » a déclaré M. Obama.
La nouvelle stratégie, a fait valoir de son côté Kathleen Sebelius, secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, tient compte du fait que depuis la fin des années 1990, les efforts pour empêcher les nouvelles infections ont ralenti, celles-ci plafonnant aux alentours des quelques 56.000 par an. On devrait gagner du terrain, ajoute-t-elle.
Selon les Centres de contrôle des maladies (CDC), on recense plus d’un million de séropositifs aux États-Unis, et plus de 18.000 malades du sida meurent chaque année à travers le pays.
Les réactions au discours du président Obama ont été mitigées. Tout en saluant la nouvelle initiative, certains dirigeants ont déploré la faiblesse, selon eux, des financements. « L’accès aux soins pour le VIH diminue dans le pays » a constaté Michael Weinstein, président l’organisation AIDS Healthcare Foundation.
Par contre, Mitchell Warren du Global Advocacy for Aids Prevention, une autre organisation, se félicite de la nouvelle stratégie. Tout en déplorant le manque de coordination des efforts de prévention et des soins aux États-Unis ces dernières années, il souligne que la stratégie annoncée par M. Obama représente un plan d’action pour les 30 années à venir. « C’est une stratégie réfléchie », estime-t-il.
Le président Obama a reconnu que certains États de l’Union ont réduit leurs financements au Programme d’aide pour les médicaments du sida, qui facilite l’accès des particuliers aux traitements antirétroviraux. Mais il a fait valoir que son administration œuvre pour renforcer l’aide fédérale.
Dans un communiqué publié mardi, le chef de l’exécutif a souligné son soutien continu au Plan d’urgence américain pour la lutte contre le sida (PEPFAR), qui doit recevoir 63 milliards de dollars sur six ans. Mais les critiques accusent M. Obama de n’avoir pas tenu sa promesse électorale d’une « augmentation considérable » des financements pour la lutte contre le VIH/sida, alloués non seulement au PEPFAR mais aussi au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Et ils font valoir qu’à l’origine, les 63 milliards de dollars devaient permettre de lutter contre ces maladies sur cinq ans, et non six.
Samuel Kiendrebeogo et Lamia Gritli
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