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REFERENDUM A MADAGASCAR

Aujourd’hui même, le peuple malgache est appelé aux urnes pour se prononcer sur le projet de réforme constitutionnelle devant marquer la première étape de la IVe République, soumis par le président de la Haute autorité de transition, Andry Rajoelina. Ce projet de Constitution, composé de 150 articles non révisables pendant dix ans, permettra non seulement au président de la République, sur proposition de la majorité parlementaire, de nommer le Premier ministre, mais aussi prévoit, entre autres, la décentralisation du pays, la désignation des membres de la Haute cour de justice par le chef de l’Etat, le mandat impératif des députés et l’instauration de la laïcité de l’Etat.

Le président de la Haute autorité de transition, Andry Rajoelina, donne l’impression d’avoir de la suite dans les idées. D’ores et déjà, il laisse subodorer des intentions inavouées sur les réformes annoncées. Entêté qu’il est, il a foulé aux pieds tous les efforts de compromis avec l’ensemble de la classe politique malgache et donne l’impression d’avoir eu la communauté internationale à l’usure.

Pour tout dire, les jeux icariens et l’impudicité de TGV ont visiblement fini par émousser la détermination de l’Union africaine et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) qui, pourtant, oeuvraient pour une rapide sortie de crise dans la Grande île. Si, très récemment, au Niger, le scrutin référendaire constitutionnel est passé comme une lettre à la poste, à Madagascar, il risque, à s’y méprendre, d’affecter la stabilité et l’unité nationales, dans la mesure où certaines forces vives de la nation, et non des moindres, ont été écartées à dessein. Il s’agit en l’occurrence des partis des anciens présidents, Albert Zafy, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana, qui tirent à hue et à dia, et auxquels on a finalement interdit de manifester. On a assisté à une drôle de campagne reférendaire, au cours de laquelle, on a traqué les opposants au point de les clouer au pilori.

On a tout lieu de croire que ce projet de Constitution a été taillé sur mesure par le président de la Haute autorité de transition. Si tant est que le projet constitutionnel défende l’intérêt général, il n’y a pas de raison que TGV empêche ses opposants de manifester leur désaveu. Certes, le projet de Constitution, il ne se fait aucun doute, sera adopté. Mais il faut, d’ores et déjà, redouter qu’il ne divise davantage le peuple malgache, opposant d’un côté les pro-réformistes et de l’autre les anti- réformistes.

En réalité, c’est l’obsession du pouvoir qui est, le plus souvent, à l’origine de tous les problèmes sociopolitiques sous lesquels ploie le continent africain. Madagascar n’échappe pas à cette règle. Les réformes institutionnelles qui y sont opérées, au lieu de faire avancer le pays, sont plutôt de nature à remettre en cause les valeurs fondamentales de la république. L’Afrique a vraiment besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts. Ce qui est sûr, disait Euripide, le temps dira, un jour, tout à la postérité.

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