Brutalité, contrôle pornographique sur des femmes considérées comme sans dignité, viol de femmes en plein camp et enfin mort d’homme. C’est le lot quotidien réservé aux Congolais qui ont eu tort de considérer que l’Angola était un Eldorado.

Photo: UN Des femmes déplacées par la violence en RDC
La volonté des Angolais de nettoyer leur pays de toute présence congolaise devient une obsession. Lorsqu’on y va plus loin, on sent un certain cynisme et une certaine arrogance de » nouveau riche » qui, désormais, apprend à regarder les autres d’en haut. Si personne ne méconnaît le besoin des Angolais d’exiger une migration en règle, personne cependant ne peut comprendre toute la violence qui entoure ces expulsions. Brutalité, contrôle pornographique sur des femmes considérées comme sans dignité, viol de femmes en plein camp et enfin mort d’homme. C’est le lot quotidien réservé aux Congolais qui ont eu tort de considérer que l’Angola était un Eldorado. C’est depuis des années que la presse congolaise et internationale en parle. C’est pour la première fois que la communauté internationale comprend que personne, sous aucun prétexte, n’a le droit de fouler aux pieds la dignité des autres. L’expulsion des Italiens de France ne sont rien face au calvaire quasi quotidien que vivent les expulsés d’Angola. Et pourtant, dans le cas des Italiens, il y a eu un tollé général, même en France. On n’a pas l’écho des Ong angolaises qui protesteraient contre la violation des droits des Congolais. Peut-être le font-ils en portugais. Sans demander à ce que Luanda ouvre ses portes à toute la misère congolaise, on est heureux que la communauté internationale fasse comprendre à l’Angola que les milliards de pétrole ne donnent pas tous les droits. Au moment où le monde entier se mobilise contre le viol, il nous revient que c’est particulièrement le scandale du contrôle des parties intimes des expulsées congolaises aux postes-frontières qui a éveillé l’attention de la communauté internationale. Il nous revient qu’une enquête sera menée dans le but d’établir les faits. C’est dans ce cadre qu’une mission des agences des Nations Unies est attendue particulièrement du 10 au 13 novembre dans province du Kasaï Orientale, particulièrement dans la localité de Kamako. Les enquêteurs de l’Onu vont faire la lumière sur les violences sexuelles par les militaires angolais sur les expulsées congolaises.
A quoi s’attendre ?
Il va de soi que les autorités angolaises vont balayer de revers de la main toutes ces accusations estimant que les Congolaises seraient de menteuses. Et pourtant, les spécialistes qui, au niveau de la Rdc, accueillent les femmes expulsées qui disent avoir été violées, constatent que ces femmes avaient été réellement violées et qu’elles présentaient des preuves de ces violences sexuelles. Car, lorsqu’il s’agit des viols collectifs, comme le soulignent les victimes, cela laissent des traces. C’est ce qu’a souligné Maurizio Giuliano de Ocha, se référant au témoignage des médecins d’une Ong dénommée Comitato internationale per lo sviluppo dei popoli. Ces médecins vont plus loin en faisant comprendre qu’il y a plus que violences sexuelles aux postes frontaliers angolais. Ils précisent dans un communiqué que sur 119 femmes, 150 hommes, 20 filles et 33 garçons qui ont été expulsés dernièrement, on a enregistré des cas de violence sexuelles sur près de 99 femmes et 17 hommes au niveau de la frontière avec la province du Bandundu, particulièrement à Tembo. Le communiqué de CISPB signale également des cas de tortures. Apparemment, ces violences se commettent sur toute la longue frontière entre la Rdc et l’Angola, au Bandundu, au Kasaï Occidental, au Katanga et au Bas-Congo.
Qu’attendre de la Rdc ?
Dans cette affaire, une certaine opinion attend voir le gouvernement congolais engager un bras de fer avec la partie angolaise. Malheureusement, lorsqu’il s’agit des personnes qui immigrent illégalement, ce qu’on attend du gouvernement congolais, c’est d’appliquer la réciprocité. Car, estime-t-on, la frontière commune n’est pas seulement poreuse pour les Congolais qui vont en Angola. On croit savoir qu’il y a aussi des Angolais en situation irrégulière en territoire congolais. Ce que le gouvernement congolais peut faire d’autre, c’est de demander aux Congolais qui vont en Angola de tirer les leçons de toutes les violences pour comprendre que l’on n’est jamais mieux que chez soi. Tout cela n’est pas une raison pour se taire devant des violences sexuelles et autres tortures sur les Congolais. On ne peut cependant pas que le gouvernement congolais répliquent en appliquant la loi du Talion. Dans ce domaine de violence sur les étrangers, même en situation irrégulière, il n’y a aucune convention qui autorise la réciprocité. Ce que la Rdc pouvait faire, peut faire encore, c’est de prendre acte et aider à la démarche des agences de l’Onu. Il va de soi que l’Angola s’en moque. Mais, au bout de tout, il y a toujours une justice. La justice immanente.
L’Avenir
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