On devrait s’y attendre. Mme Walltöm a choisi la tribune du Conseil de sécurité de l’Onu pour accuser l’armée congolaise de violer les femmes au même titre que les groupes armés. Et pourtant, lors de son passage à Kinshasa, elle a parlé de tout avec les autorités congolaises, sauf ces viols par des soldats congolais. Cela s’appelle coup au bas de la ceinture. Si ce n’est pas la première accusation fantaisiste des dirigeants de l’Onu contre l’armée congolaise, on doit s’y interroger aujourd’hui. Quelle est la finalité de telles accusations et en ce moment ? Quels intérêts les dirigeants congolais gêneraient-il ?
La réaction de la Rdc doit aller au-delà de la réplique des ministres de la Défense et celui de la Communication. Il faut peut-être utiliser la même tribune que Margot Wallström. .
Des tirs partout
Il pleut sur la Rdc. Je voulais dire ça tire partout en Rdc. Le drame, c’est qu’on ne sait pas qui tire sur quoi et pourquoi. Il semble que le symbole d’un pays démocratique, c’est d’être capable d’aligner des élections. Sur ce point, on peut tout dire, la Rdc a organisé les élections modèles à comparer avec ce qui se passe dans certains pays voisins. Au Burundi l’opposition a boycotté le processus à tel point que l’on peut parler d’élections monopartites. Au Rwanda, non seulement Paul Kagame a été élu avec un score qui rappelle l’Afrique de parti-unique, mais aussi, les opposants n’ont pas un espace de liberté. Les dirigeants rwandais justifient cette mise sous-coupe des opposants par le besoin de gérer l’après génocide. Le monde comprend et se tait à part quelques bavardages de moindre impact. Un peu plus loin des frontières congolaises, on connaît toutes les peines qu’ont les dirigeants ivoiriens pour organiser les élections présidentielles. On connaît également tout ce qui a eu comme affaires criminelles dans ce pays jadis, l’un des plus prospères de l’Afrique de l’Ouest. La présidentielle en Angola est attendue jusqu’à ce que le pays croit avoir réuni les conditions pour l’organiser.
Quelle unité de mesure ?
Avec quoi compare-t-on la Rdc ? Il semble malheureusement que la Rdc ne bénéficie pas de son embellie démocratique. Car, tous les yeux semblent tournés vers le dossier sécuritaire. Là aussi, la Rdc a fait des progrès qui devraient forcer l’admiration. Des négociations laborieuses à Sun City en passant par Gaborone et Addis-Abeba. Une transition originale que tout le monde disait de tous les dangers à cause de l’attelage des chefs de guerre dans un gouvernement unique au monde sans une unité réelle de commandement. Personne ne donnait la moindre chance de réussite des élections qui ont sanctionné cette transition. Tous les observateurs honnêtes, tout en tenant compte qu’il n’y a pas d’élections non contestées en Afrique, à quelques exceptions près, reconnaissent le caractère démocratique et transparent des élections congolaises.
Le pays est jugé sur la sécurité à l’Est. Une situation qui ne dépend pas de la bonne volonté de la Rdc. C’est la situation d’insécurité créée par les rebelles rwandais des Fdlr. Le gouvernement congolais a cependant pris le taureau par les cornes en signant la paix avec ses voisins qui lui ont fait la guerre. Cela a permis de mettre fin à la rébellion du Cndp. Aujourd’hui, la lutte contre les Fdlr est devenue une lutte internationale. Les forces de l’Onu, à entendre Roger Meece, chef de la Monusco, n’ont ni moyens ni hommes pour agir efficacement contre les Fdlr et certains groupes armés réfractaires à la paix. C’est pour dire que la communauté internationale est incapable de trouver la solution que l’on exige à la Rdc. Lorsqu’on le fait remarquer, certaines gens préfèrent insister sur le devoir de la Rdc de protéger sa population. C’est le discours de la Monusco lorsqu’elle se trouve dos au mur. On peut rappeler que les Fdlr sont en Rdc sur décision de la communauté internationale qui avait demandé aux dirigeants congolais de l’époque d’ouvrir les frontières pour des raisons humanitaires. Kinshasa se serait opposé à cette demande de la communauté internationale, on l’accuserait aujourd’hui d’avoir contribué à l’extermination des Hutu. Ce serait le cheval de bataille des Ong dites de défense des droits de l’homme.
Jugement gratuit
Il est difficile aujourd’hui de comprendre la motivation des tirs croisés contre ce pays qui fait des efforts manifestes pour sortir de la situation de non Etat dans laquelle il se trouvait depuis des années. S’il est vrai que l’on peut avoir des reproches à faire aux dirigeants congolais, on ne peut être honnête et sérieux et parler de dictature en Rdc. C’est la preuve que l’on est déphasé et par conséquent, on ne pourra s’inscrire dans la logique du « nouvel ordre politique » que les Congolais, tous sans exception, avaient signé à Sun City. Il y a même des forces politiques qui parlent aujourd’hui de respect de l’ordre de la Cns. Quel anachronisme qui témoigne d’une réelle idée fixe génératrice de la pensée unique ! Si au niveau de la Rdc on peut comprendre que certains politiques, dans un va-tout, utilisent les contrevérités pour un positionnement politique, on ne comprend pas certaines positions de certaines capitales occidentales. On peut même s’étonner de certaines positions de certains acteurs de l’Onu. La Monuc n’a jamais joué totalement franc jeu en Rdc. Il est arrivé à cette mission d’accuser les Fardc de recruter des enfants soldats.
Si on voit les choses de plus près, cette accusation est intervenue lorsque les dirigeants des groupes armés étaient accusés de recrutement d’enfants, acte classé parmi les crimes de guerre. Visiblement, la Monuc voulant toucher la corde sensible de la communauté internationale, cherchait à mettre sur le dos de l’armée congolaise ce qui apparaissait comme un crime impardonnable. Personne ne peut pourtant démontrer qu’une armée régulière puisse recruter des enfants comme si cette armée recrutait sur le tas. En réalité, pour la Monuc, mieux pour certains acteurs de l’Onu, Fardc et groupes armés, c’était blanc bonnet , bonnet blanc. Partant de ce dangereux jugement de valeur, toute accusation devient possible. On peut tout avoir sauf la vérité.
Il ne manquait que cela
Aujourd’hui, le viol préoccupe toute la communauté internationale. Les derniers viols collectifs ont provoqué l’émoi dans la communauté internationale. Au moment où certains auteurs de ce crime sont aux arrêts, au moment où tout le monde s’attend à des sanctions sévères en vue de décourager les violeurs, la secrétaire générale adjoint de l’Onu en charge de la lutte contre les violences sexuelles, accuse les Fadc de commettre, au même titre que les groupes armés, des viols. Elle ne dit pas cela ressort de quelle enquête réalisée par qui. Son problème, c’est, tout simplement de profiter du moment jugé propice pour obtenir la condamnation de la Rdc.
La question que plus d’un se posent, c’est de savoir pourquoi ? On peut tenter d’y répondre. La volonté de la Rdc de demander un retrait progressif de la Monusco, la victoire de la Rdc soutenue par tous les pays africains de mettre fin dans ce pays au régime « rapporteur spécial de l’Onu en matière des droits de l’homme », les décisions économiques dont ls contrats avec la Chine, sont là des actes de souveraineté que certains agents de l’Onu et certaines capitales occidentales n’ont jamais digéré. Tout ce qui a été créé comme psychose sur la prétendue traque des activistes des droits de l’homme et la dramatisation de certaines situations malheureuses et regrettables de mort d’hommes en Rdc, tout cela constitue une sorte de combat d’arrière-garde, une tentative de faire payer aux dirigeants congolais leur audace.
Cela est-il sans conséquences ? Certainement que si. Mais pour quelle finalité ? Personne n’est capable de proposer autre chose au gouvernement congolais à moins que ce soit la mise sous-tutelle du pays. Les dirigeants congolais ont-ils le choix ? Oui, celui de la démocratie, du développement après avoir fait preuve de bonne gouvernance en atteignant le point d’achèvement. Il reste à ceux qui ne sont pas d’accord d’agir à visage découvert plutôt que de recourir aux astuces et autres manœuvres de bas étages.
Joachim Diana G.
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